Partager sur

L’histoire du Lavandou, village de pêcheurs

Le Lavandou n’a pas une origine bien lointaine.
Ses premiers habitants, des pêcheurs génois et catalans, fondèrent la commune du Lavandou, attirés par l’appât d’une mer particulièrement poissonneuse. Le Lavandou, petit hameau dépendant du village de Bormes-les-mimosas, est élevé au rang de commune en 1913 alors que le village ne comptait que 776 habitants dont 150 « Pescadous ».

C’est alors le premier port de pêche du Var ! Commune récente, puisqu’elle a 100 ans, Le Lavandou compte aujourd’hui 6 002 habitants.

Aujourd’hui, il ne reste qu’une dizaine de pêcheurs. Un Petit tour d’histoire à travers les hameaux du Lavandou…

Le Lavandou centre

Appelé le «Lavandour» en 1736, la commune ne comptait qu’une dizaine de maisons de pêcheurs seulement. Le ruisseau de la Vieille permettait à ses habitants de laver leur linge et leur vaisselle, d’où l’origine du mot «Lavadou» et par décomposition, «Lavandou» quelques années plus tard.

Saint-Clair

Ce petit hameau du Lavandou qui est très apprécié aujourd’hui pour sa plage, le fut pour sa chapelle et son Romérage. Le quartier et la plage doivent leur nom à l’ancienne chapelle dédiée à St Clair de Vienne, ermite puis abbé de Saint-Marcel-de-Vienne, mort en 660.

La Fossette

C’est de la petite plage sauvage de la Fossette que le Général Giraud s’embarqua grâce à l’aide du patron pêcheur Jules Crest pour rejoindre l’Afrique du Nord au moment du débarquement en 1944.

Aiguebelle

Le colonel Pinault était un ami d’Ange Podda. Il vécut ses dernières années à l’hôtel Beau Soleil. Décédé en 1960, il est enterré au cimetière du Lavandou.

Cavalière

C’est à Cavalière, hameau de la commune du Lavandou, que les Grecs établirent très probablement la station d’Alconis, cette station devint pendant la paix romaine la douce Alcône, résidence de luxe et lieu de prédilection des Latins sur cette côte enchanteresse.

Pramousquier

Dernière petite plage de la commune à l’Est du Cap-Nègre, Pramousquier n’était qu’une étendue de vignes et de terres agricoles. La nuit du débarquement le 15 août 1944, les Commandos d’Afrique escaladent les rochers du Cap Nègre à Pramousquier. Une plaque en leur mémoire y est installée.

Le Port

Le port est construit en 1880.
En 1855 on comptait 30 bateaux de pêche.

les pêcheurs du Lavandou pêchaient 134 845 kilos de poissons, ce qui était le chiffre le plus élevé du Var !

Le Sieur Honnoraty fit ériger « sa maison » à quelques mètres de l’eau, s’inspirant d’un style architectural sans doute hérité des bords du Lac de Garde. Les pierres viennent de Tourris et certains murs mesurent plus de 80 cm d’épaisseur. Sa construction, achevée en 1881, aurait duré 40 ans ! Grand voyageur et Amoureux du Lavandou, cet apothicaire et herboriste toulonnais s’embarquait souvent du Lavandou pour l’île de Port-Cros à la recherche de plantes médicinales.
Nous lui devons notamment l’acclimatation du Kaki en France. Jadis, la mer arrivait jusqu’au pied du Château et les anciens du Lavandou se souviennent des baignades, là dans la salle du rez-de-chaussée.

François de Paule…

Une des croyances locales prétend qu’en 1482, le moine calabrais, François de Paule, célèbre pour ses miracles, fut prié par le Roi Louis XI, gravement malade, de le rejoindre. Ne pouvant débarquer à Marseille, ravagée par la peste, François de Paule fit demi-tour et accosta sur le rivage du Lavandou.
C’est là, à quelques mètres du château, sur une roche à fleur de d’eau, qu’il laissa l’empreinte de son pied et de son bâton de pèlerin. Cinq siècles plus tard, la légende de Saint-François de Paule qui délivra nos côtes de la peste est toujours vivace.
Le Château devient la Maison du Lavandou

On le retrouve sur toutes les cartes postales anciennes et il est incontestablement la figure emblématique du Lavandou.

« Le Château » comme nous l’appelons ici, trône fièrement sur le Quai Gabriel Péri, tourné vers le large tout comme l’îlot des maisons de pêcheurs qui constitue à présent le cœur du Lavandou d’antan.
L’Office de Tourisme du Lavandou est maintenant installé dans la « Maison du Lavandou » et vous y accueille…

Le Pied de Saint-François

François Martorello naquit à Paule en Calabre en 1416.

Devenu ecclésiastique, sa réputation de thaumaturge et sa vie pleine de vertus le firent appeler par Louis XU, pour lui demander un miracle pour sa guérison.

Parti d’Ostie par bateau fin 1481, à destination de la France, le Saint-Homme accosta sur nos côtes après s’être vu refuser l’entrée des ports de Marseille et autres villes maritimes ravagées par la peste.

Selon la légende, Saint-François de Paule laissa dans un rocher, l’empreinte de son pied et de son bâton de pèlerin lorsqu’’il débarque ici en 1482.

L’Empire Romain mentionne entre le port de Fréjus et celui de Pomponiana (rade de Giens) à 3 lieux d’est en ouest : Sinus Sambracitanus (Saint-Tropez), Heraclea Caccabaria (Cavalaire) et Alconis (rade de Bormes). C’est plus probablement non loin du Lavandou, sans doute dans la baie de Cavalière, que les grecs établirent la station d’Alconis, résidence de luxe et lieu de prédilection des Latins sur la côte varoise.

1376 Celle qui devint Dame Catherine de Sienne, ramenait le Pape Grégoire XI d’Avignon à Rome, lorsqu’une forte tempête obligea le navire à relâcher dans la baie de Sanary. Le Saint-Père refusa de débarquer et continua malgré le danger. Catherine poursuivit son chemin par terre et se rendit à Toulon où elle fit un miracle. Escortée jusqu’aux portes de la ville par la population reconnaissante, elle s’embarqua au Lavandou où la galère papale avait dû mouiller.

1481 Le roi Louis XI était gravement malade dans son château de Plessis-lès-Tours. Son médecin Coittier ayant épuisé les ressources de la Science, le Roi chargea un de ses fidèles, Guinot de Bussières, d’aller quérir l’Ermite calabrais François de Paule, célèbre par ses miracles. Cédant aux instances du Saint-Père et du Roi de Naples, prié par Louis XI, le Saint, parti de Paterne, s’embarqua sur une galère royale à Ostie et n’ayant pu débarquer à Marseille, ravagée par la peste, fit demi-tour et aborda en 1482 au Lavandou avec deux religieux et les envoyés du Roi de France. Le Saint, en quittant son navire, mit pied à terre sur une roche à fleur d’eau, laissant derrière lui les empreintes de ses pas et de son bâton de pèlerin (C’est du moins ce que prétendait la croyance locale ! Cette « relique », située à quelques mètres du « Château », fût recouverte par le sable puis disparût en 1955 sous l’aménagement de la promenade du front de mer). Avant de poursuivre son voyage, le Saint se dirigea sur Bormes qu’il délivra de la peste. 1524 Les troupes du Connétable de Bourbon se dirigeant vers Toulon mirent le siège devant les châteaux de Bormes et de Brégançon et ravagèrent les environs du Lavandou.

1529 Comme déjà en 730 et en 1393, les corsaires des Maures pillèrent la région et brûlèrent Bormes. Dix ans après la flotte de Charles Quint commandée par l’Amiral génois André Doria détruisit le peu que les barbaresques avaient laissé.

1674 On trouve déjà mentionné Le Lavandou (Le Lavadou) dans les archives départementales de Draguignan. Les registres paroissiaux donnent des éléments sur l’évolution de la population : 1831 : 146 habitants / 1906 : 776 habitants. / 2001 > 5300 habitants Le petit hameau vit essentiellement de la pêche et ce sont près de 150 « pescadous » d’origine génoise et catalane qui sont en activité. 1706 Une très forte escadre anglo-hollandaise, composée de 66 vaisseaux et de 34 transports, commandée par l’Amiral Showel mouilla entre l’îlot de Bagaud et le Cap Bénat. Puis ce fut une période de tranquillité relative jusqu’à la Révolution. Le Lavandou et ses environs ne furent pas épargnés par la tourmente révolutionnaire.

1794 Un certain Bonaparte, Général d’artillerie encore peu connu, inspecta les batteries du Lavandou et de Brégançon.

1881 Installation de la Société Nationale de Sauvetage en Mer au Lavandou 1913 Le quartier du Lavandou accède au statut de commune indépendante de celle de Bormes. La Loi érigeant Le Lavandou en commune est promulguée par le Président Raymond Poincaré le 25 Mai 1913.

1914-1918 La « Grande Guerre » emporte dans son tourbillon d’horreur et de massacres des enfants du Lavandou dont les noms sont à jamais gravés dans le marbre du Monument aux Morts au Square des Héros.

1926 Création du premier Syndicat d’Initiative, le 20 Octobre 1926 par M. Emile Merlange.

1939-1945 Qu’ils soient Marins, Soldats ou Résistants, les lavandourains participent activement à « La drôle de guerre » luttant contre l’ennemi sur les mers et les océans, sur les fronts, dans les Maquis. Le 6 Novembre 1942, le Général Giraud conduit par un pêcheur du pays s’embarque clandestinement à bord d’un sous-marin anglais « Le Seraph » qui l’attend à moins de 1 mille de la Pointe de La Fossette. Le sous-marin dépose ses passagers à Gibraltar. Le 8 Novembre, Anglais, Américains et Forces Françaises Libres débarquent en Afrique du Nord. Le 11 Novembre 1942, allemands et italiens envahissent la zone libre. Le 12, les soldats italiens et l’Ovra arrivent au Lavandou, En Octobre 1943, l’armée allemande et la gestapo occupent Le Lavandou. La répression est sans merci et un grand nombre de lavandourains, Résistants de la 1ère Compagnie des F.T.P. de Provence « Brigade des Maures », est déporté. Dans la nuit du 14 au 15 Août 1944, à minuit, les troupes des Commandos d’Afrique débarquent sur la côte lavandouraine et escaladent les rochers abrupts du Cap Nègre à Cavalière sous les rafales meurtrières de l’occupant. Le Débarquement en Provence vient de commencer.

Les Commandos d’Afrique sont les premiers à poser le pied sur le sol français, aidés et guidés par les Résistants locaux. Peu de temps après, ce sont les troupes françaises et alliées qui débarquent sur les plages varoises.

La Naissance Administrative du Lavandou

La commune du Lavandou a 99 ans !

A l’origine Le Lavandou était un quartier de la commune de Bormes mais en 1909 il devint opportun de réclamer l’autonomie communale. Le Conseil d’Etat adopta le projet de Loi érigeant LE LAVANDOU en commune le 20 Février 1913. Cette Loi, votée le 27 Mars par la Chambre des Députés et adoptée par le Sénat le 20 Mai, fût promulguée par le Président de la République, Raymond Poincaré, le 25 Mai 1913. Au terme d’un long processus d’autonomie amorcé en 1909, Le Lavandou accédait au statut de commune indépendante de celle de Bormes. Le Gouvernement sépara de la commune de Bormes tout le territoire compris entre la pointe de Gouron à l’Ouest, la ravine de Fontalde à Pramousquier à l’Est et au Nord la rivière de la Môle, soit environ 2975 hectares.
L’Origine du Nom Le Lavandou

De Lavadou à Lavandou !

Le mot « Lavandou » fait tout d’abord penser à « Lavande ». Cela se comprend puisque les appellations lavande et Lavandou se ressemblent beaucoup. Une variété de lavande pousse effectivement sur les collines des Maures (Lavandula Stoechas) mais le nom provençal de cette lavande est Queirélé.
Il y a 70 ans à peine, on ne parlait dans notre village que le Provençal. Comment aurait-on pu alors, faire du mot Queirélé celui de Lavandou ? On trouve déjà mentionné Le Lavadou en 1674, dans les archives départementales de Draguignan et ce qui paraît le plus certain est écrit dans « Le Trésor du Félibrige » du grand écrivain et poète provençal Frédéric MISTRAL (Prix Nobel de Littérature en 1904). On lit à la page 195 du 2ème tome : Lavadou, LAVANDOU (Var) : Synonyme du mot « Lavoir », le lieu où l’on lave, où l’on bat le linge.

Le Lavendour, vent d’est « lévent dur ».

La Mairie du Lavandou possède un tableau de Charles Ginoux qui représente le hameau du Lavandou en 1736 où l’on voit, au premier plan, le lavoir où les femmes de pêcheurs lavaient leur linge sur de grosses pierres plates.

Les Armoiries du Lavandou

Description en héraldique !

Parti à dextre de gueules au lion d’or, lampassé et vilené de gueules, surmonté d’une couronne d’or, accompagné en chef et en pointe d’une burelle vivrée d’azur et à senestre d’azur à trois dauphins d’argent rangés en pal.
L’écu timbré d’une couronne maçonnée et tourelée d’or. Le blason du Lavandou fût crée en 1950 par le Maire de l’époque, M. Marius DORIE.
Description héraldique par M. Gérard Tomasetti, membre de l’Institut Héraldique de Fribourg (Suisse)