iconeFB Les Webcams iconeFB Les vidéos iconeFB Diaporama iconeFB Plan du Lavandou Rejoignez-nous
< Retour

Exposition Johnny la legende


Exposition "Johnny la Légende"

tonyfrank_resize5f7n8P6qQgL1U_resize5f7n8P6qQgL1U_resize5f7n8P6qQgL1U_resize5f7n8P6qQgL1U


"Johnny, la Légende" par Tony Frank, photographe et ami de l’icône nationale.
 
L'exposition "Johnny, la Légende" propose une rétrospective de la carrière de Johnny Hallyday à travers plus de 130 clichés sélectionnés par le photographe Tony Frank qui présente Johnny sur les grandes scènes mais également dans l'intimité de moments rares, partagés pendant cinq décennies de complicité et d'amitié rock'n'roll de 1965 à 2015.


Exposition du 24 juillet au 24 août à l'Espace Culturel du mardi au dimanche de 15h00 à 20h30

Entretien avec Tony Frank propos recueillis par Raphaël Dupouy

portrait-tony-frank-2_resize5f7n8P6qQgL1U
- Au-delà de la première image que l’on a de vous, celle d’un photographe très proche de la légende Johnny Halliday, qui est Tony Frank ? Comment avez-vous débuté ?
- Je suis né en 1945 à Arcachon, mais très jeune, en Normandie, c’est l’écrivain Patrick Manchette qui m’a initié au jazz et à la photographie. Il avait un petit labo près de Dieppe, où l’on tirait nos images en écoutant les musiques qui arrivaient des Etats-Unis. C’était l’époque où les juke-boxes jouaient en boucle Elvis Presley et Bill Haley. On écoutait ça religieusement. Les jeunes filles portaient leurs cheveux en choucroute, comme Bardot. J’avais tout juste 16 ans. J’ai fait une école de photographie mais, dès la première année, j’allais faire des photos tout seul, sur le terrain ; c’est la meilleure école. Les cours d’esthétique, de graphisme et de retouche me paraissaient insupportables. Mes devoirs, c’était d’aller me balader dans Paris et de taper des images. Pour faire des photos des concerts à l’Olympia, où j’étais trop jeune pour entrer, je me glissais par la fenêtre des toilettes. Les photographes professionnels me viraient. Mais un jour, j’ai aperçu Louis Armstrong, tout seul dans sa loge. Il m’a laissé faire trois-quatre portraits de lui. Au flanc, je suis allé porter ma pellicule au service photo de Paris-Presse. Le lendemain, j’avais ma première parution dans ce journal. A 16 ans !
 
- Puis votre rencontre avec Johnny et, ensuite, 50 ans d’amitiés photographiés ?
- Je crois que j’ai croisé Johnny la première fois au Golf-Drouot. Je venais de faire ma première pochette de disque pour Long Chris et les Daltons. Long Chris était le meilleur copain de Johnny... avant de devenir son parolier, puis son beau-père. On a sympathisé et comme j’adorais partir en tournée, je l’ai accompagné très souvent. On s’amusait souvent à prendre des photos. A une époque, j’ai passé cinq ans de ma vie à être tous les jours avec lui. Sa maquilleuse est d’ailleurs devenue ma femme. Les premières tournées de Johnny duraient dix mois sur douze. Quand ils étaient mariés avec Sylvie Vartan, ils ne se voyaient pratiquement pas. Ma relation privilégiée avec Johnny, je la dois aux tournées «Salut les Copains». Elle est basée sur l’amitié et sur la complicité. Comme lui, j’aimais la musique, le cinéma et traîner tard la nuit même dans une petite ville de Province où tout était fermé après le concert. On faisait rouvrir les bars. Aujourd’hui, avec Johnny et Eddy Mitchell, on se voit pour le spectacle «Vieilles Canailles». Je suis le plus légitime pour venir y faire des photos.
 
- Que reste-t-il de l’esprit «Salut les copains» et de cette époque ?
- «Salut les Copains», c’était d’abord une émission de radio créée par Daniel Filipacchi. Puis, suite au succès du premier numéro du magazine papier, il a monté une équipe avec l’assistance du photographe Jean-Marie Périer. Comme ils avaient entendu parler de moi, ils m’ont demandé de venir renforcer l’équipe. On s’amusait beaucoup tout en travaillant. On ne pensait pas rendement financier. La mise en page du magazine était avant-gardiste, les photos mises en valeur. On faisait des grands posters pour les chambres des ados. Cet esprit me manque beaucoup. On appelait ça l’époque Yé-Yé, à cause d’un critique du Figaro je crois. La plupart des chansons étant alors des adaptations de titres américains, il y a des choses qui étaient difficiles à traduire, comme «Yeah, yeah, yeah» qui est devenu «Yé, yé, yé, yéééé.» J’ai un peu la nostalgie de cette époque car les gens étaient plus souriants, y compris dans le show business. Plus vrais. Les photos n’étaient pas retouchées. Tout semblait possible. Musicalement, c’était aussi le début de tout ce qu’on entend maintenant.
 
- Combien de pochettes de disques ?
- 1200 ! Pour des 45 tours. J’en ai fait plusieurs pour Gainsbourg, dont celle de Melody Nelson ; pour Polnareff, celle qui avait fait scandale parce qu’il y montrait ses fesses ; pour Julien Clerc, Michel Sardou, Adamo, Carlos, Joe Dassin, Hugues Auffray, Claude François, France Gall, mais également pour des chanteurs étrangers comme Bob Dylan, Chuck Berry, James Brown, Mick Jaegger, Tom Jones, etc.
 
- Des souvenirs du Lavandou et de la Côte d’Azur du temps des «Yéyés» ?
- Le Lavandou, oui, on a dû y passer, certainement, mais c’est loin... On était basé à Cannes et, de là, on faisait des tournées d’été sur toute la Côte. On rigolait bien. Au Martinez, on piquait les chaussures des clients dans les couloirs et on organisait des batailles d’eau avec les lances à incendie. En général, on se couchait quand les gens se levaient...